Helvetica
suite pour brass band
Suite / Musique légère • 2025
Difficulté 5 (difficile) • ca. 25 min. • FC Music Publishing (disp. 2027)
Instrumentation : Standard BB Instrumentation + 5 Perc. (1opt.) and optional traditional instruments (Hackbrett, 2 Schwyzerörgeli, String Bass).
La Suisse est un pays aux multiples facettes. Ses paysages fascinent : montagnes enneigées, lacs entourés de verdure, fleuves arpentant des vallées escarpées, forêts à perte de vue sont autant de cartes postales magnifiques ; ses traditions, son plurilinguisme et son histoire en font un pays d’un héritage culturel riche ; de même, la tradition de la musique à vent est centrale en suisse – et notamment, la musique de marche. Tous ses éléments m’ont inspiré à la réalisation d’une œuvre rendant hommage à mon pays, non pas dans un élan de patriotisme, mais plutôt avec les yeux émerveillés d’un voyageur visitant et découvrant le pays.
L’œuvre m’a été commandée par le Swiss Armed Forces Brass Band et son chef, le Major Philipp Werlen, qui ne fut autre que mon commandant de compagnie lors de mon école de recrues. En guise de clin d’œil, de nombreuses références au répertoire d’ordonnance de la musique militaire suisse parsèment cette œuvre.
Tous les mouvements peuvent être joués attacca, mais diverses solutions permettent à chaque mouvement d’être joué séparément et/ou dans un ordre différent que celui proposé ici.
I. – Prelude · 4′10’’
Le premier mouvement est un hommage enjoué et enthousiaste aux paysages helvétiques. Débutant par un motif de fanfare basée qui ne sera sans rappeler un célèbre classique du répertoire militaire suisse, il évoque ensuite la beauté des paysages en alternant entre un thème original simple et lyrique et des moments de musique épique. Des extraits du Cantique suisse composé par Alberich Zwyssig (1808-1854) servent de base au matériel thématique de ce rondo introductif et virtuose.
II. – Meditation and Song · 5′
Le deuxième mouvement met à l’honneur le cornet solo et le hackbrett (ou vibraphone). Inspiré du Vermahnlied an die Eigenossenschaft, tiré du répertoire de la Musique militaire suisse, il constitue un clin d’œil à l’ensemble commanditaire. Une introduction méditative, évoquant la quiétude des paysages lacustres suisses, laisse émerger des lignes mélodiques au caractère improvisé, puis cède la place à une section plus lyrique, propice à l’expression des solistes.
III. – Pastorale · 4’40’’
Le troisième mouvement, qui fait office de scherzo, rend hommage à la tradition populaire suisse. Après une courte introduction alpestre, un ensemble de cuivres musique populaire (2 Schwyzerörgeli, 1 contrebasse et de cuillères, éventuellement 1 hackbrett, le tout pouvant être remplacé par un petit ensemble de cuivres) alterne avec l’ensemble dans une marche (ou Schottisch) pleine d’humour et de gaité. Toute référence musicale à une marche portant le nom d’un des plus grands cantons de Suisse est évidemment fortuite…
IV. – Elegy · 6′30’’
Le quatrième mouvement rend hommage à la tradition musicale populaire de la chanson harmonisée, depuis longtemps ancrée dans le répertoire de nos chœurs villageois. J’en ai repris certains codes, modes et particularités au sein d’un mouvement méditatif et plaintif, mettant en lumière le bugle et l’euphonium solo. Un finale grandiose en tutti évoque quant à lui les traditions religieuses qui ont façonné le pays, ainsi que la majesté des cathédrales dressées sur le sol helvétique.
V. – Masked Dance · 4’30’’
Le dernier mouvement, Maskentanz, puise son inspiration dans les traditions culturelles suisses. De nombreuses légendes helvétiques évoquent monstres, sorcières et autres créatures imaginaires, témoignant du lien profond entre l’humanité et la nature. Certaines traditions ancestrales cultivent ainsi un imaginaire à la fois fascinant et inquiétant, notamment dans le Haut-Valais avec les Tschäggättä, ou à Urnäsch, dans le canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures, avec les Silvesterchläuse. Ces défilés envoûtants prennent ici la forme d’une danse endiablée aux mesures irrégulières, offrant à l’ensemble l’occasion de démontrer sa solidité technique et rythmique. La danse s’achève par une citation, cette fois complète, du « Vermahnlied an die Eidgenossenschaft », avant un bref retour au matériau du premier mouvement, qui vient clore l’œuvre avec majesté.
La suite complète reste à l’exclusivité de la musique militaire suisse jusqu’en 2027.